Pour vous, Mesdames !

Pour vous, Mesdames ! La mode en temps de guerre
Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation – Lyon
jusqu’au 13 avril 2014

Pour vous, Mesdames !

Dès la fin de l’année 1940, les articles à usage vestimentaire sont réquisitionnés par les Allemands et deviennent soumis au régime des bons d’achat. Ces restrictions et pénuries donnent lieu à des prodiges d’inventivité.

Face au manque de coton, de laine et de cuir, de nouveaux matériaux font leur apparition : semelle en bois, robe en polyester, sac en ficelle… Tout se récupère, tout se transforme.

Ce qui frappe le plus dans cette exposition, c’est l’élégance des françaises malgré les difficultés de la vie quotidienne en pleine guerre. Face à l’humiliation dans l’Occupation allemande, le soin que ces femmes consacrent à leur tenue permet d’afficher leur dignité et leur résistance face aux évènements.

Un sujet bien moins léger qu’il n’y parait.

 

Pour vous, Mesdames ! La mode en temps de guerre
Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation – Lyon
jusqu’au 13 avril 2014

 

Les photo-reporters de l’Équipe

Dans le cadre de Sport, Littérature et Cinéma organisé par l’Institut Lumière, deux expositions présentent les photos issues des collections du journal l’Équipe.

Les photo-reporters de l’Équipe
40 photographies noir et blanc de 1910 à 1980

Les tenues, les installations rudimentaires donnent une image moins professionnelle au sport, plus naturelle avec une réelle proximité entres les sportifs, le public, les vedettes et les média.

Les photo-reporters de l’Équipe
Galerie photo de l’Institut Lumière
3, rue de l’Arbre Sec – Lyon 1
jusqu’au 19 avril 2014

Également au Hangar du Premier-Film, une sélection de photographies couleurs.

Arushi Mudgal

Arushi Mudgal

Arushi Mudgal
Sutra – La créativité dans la tradition
du 24 janvier au 23 février 2014

Arushi Mudgal

Tout commence par un rythme lent, des mouvements gracieux, une ligne sinueuse, un port de tête majestueux. Le chant et la flûte créent un environnement calme, harmonieux, la danse est légère et silencieuse.

Puis, viennent les percussions, la voix d’un homme au chant cadencé comme monosyllabique, les gestes de la danseuse Arushi Mudgal deviennent dynamiques, elle tape du pied, fait entendre les grelots noués à ses chevilles.

Arushi Mudgal

Les musiciens sont sur scène, aux côtés de la danseuse, ils cohabitent ensemble, se complètent. Arushi Mudgal évolue en rythme, suivant les intonations de la voix et des percussions mais elle participe également à la partition musicale en faisant résonner ses grelots.

Le rapport entre la musique et la danse est très fort, ils semblent se mettre en valeur réciproquement.
Lors d’un dialogue envoutant entre les deux chanteurs, la danseuse se fige pour laisser la place à la voix féminine Sawani Mudgal puis reprend vie pendant les répliques du chanteur percussionniste Pradeepta Kumar Moharana.
Dans certaines chorégraphies, la danse peut devenir proche du mime, elle illustre la parole. On devine ainsi Arushi Mudgal écrire sur un parchemin, ouvrir une boîte à bijou pour se parer…
Comme à l’opéra, les sous-titres seraient presque les bienvenus.

Arushi Mudgal

mais quelle beauté !

Arushi Mudgal
Sutra – La créativité dans la tradition
du 24 janvier au 23 février 2014

Rites – Denis Plassard

Denis Plassard

Rites
Compagnie Propos – Denis Plassard
Création 2013
du 24 janvier au 23 février 2014

Rites

Pour son spectacle Rites, Denis Plassard, accompagné de 6 danseurs, devient conférencier pour partager sa grande collection de rites.

Rites

Ces rites, tout droit sortis de l’imaginaire débordant du chorégraphe, sont définis comme des danses traditionnelles contemporaines. Inventées de toutes pièces ou inspirées de coutumes, ces chorégraphies excentriques, pleines d’humour s’installent dans des univers variés, sur des parkings de centres commerciaux, à la fin d’une noce bien arrosée ou encore lors de séances de coaching pour femmes politiques…

Rites

Virtuelle, vous êtes sûrs ?
Tout le long du spectacle, on se laisse prendre au jeu de la conférence aussi loufoque soit-elle. Chaque rite est détaillé de manière très didactique, le pays, le contexte, ses adeptes… toutes ces explications et le site internet qui les accompagne donnent à imaginer une large banque de danses répertoriées et transposées.
On est bien tenté d’y croire…

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Rites
Compagnie Propos – Denis Plassard
Création 2013
du 24 janvier au 23 février 2014

À la vôtre !

Un couple qui sirote sa boisson, un apéro démesuré, un gentleman qui initie ses dames au cocktail, une solitaire qui bichonne son mixer électrique à piles…
Trinquons à cette nouvelle année 2014 !

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5 cartes de voeux pour dire « à la vôtre ! »
réalisées pour Biscotte

Inside Llewyn Davis – Joel Coen et Ethan Coen

Il me faut toujours un certain temps pour analyser un film des frères Coen. Généralement, je sors de la salle de projection surprise, enthousiaste, avec des images plein la tête, des couleurs mais sans trace de message.
L’oeuvre de Joel et Ethan Coen nécessite du temps, un long travail de digestion. Peu à peu, nous faisons le lien avec leurs  films précédents : des personnages similaires , des losers, des plans magnifiques de trajets en voiture, des lumières tamisées, des gags absurdes…

Inside Llewyn Davis s’inscrit très bien dans cette filmographie.
Ravie, je sors de la salle de projection comme on émerge d’un univers familier, sans recul sur le scénario, avec seulement en tête un nuancier de couleurs.

Plus tard, j’analyserai, plus tard, je rapprocherai des personnages, d’autres anti-héros, des plans, des décors… mais pour l’instant, devant le cinéma, l’impact, le ressenti de Inside Llewyn Davis, ce sont des couleurs automnales, un univers chaleureux dans lequel viennent s’immiscer des pointes de bleu glacial.

La palette chromatique tourne autour du orange, des couleurs chaudes :  la veste marron beige de Llewyn, les pulls moutarde et orange brique de ses amis, le chat roux, les guitares acoustiques en bois, les lumières jaunes des clubs. À ce nuancier chaleureux, vient s’ajouter, par petites touches un bleu gris froid : les voitures le long de la rue enneigée, la gare routière de Chicago, le ciel lourd… tout cet environnement hostile dans lequel évolue le personnage central.

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Dans une interview*, les Frères Coen évoquent la couverture de l’album The Freewheelin’ de Bob Dylan. Une photo des année 60, un hiver glacial à New-York, une veste jaune moutarde, un van Volkswagen bleu… la chromi de Inside Llewyn Davis est bel et bien là, chromi sur laquelle a travaillé le chef opérateur Bruno Delbonnel (Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain entre autres).

* Positif Hors-série 2013 – Le cinéma de Joel et Ethan Coen

Inside Llewyn Davis
de Joel Coen et Ethan Coen
Avec Oscar Isaac, Ricardo Cordero, Stark Sands …
Sortie 2013

Joseph Cornell

Joseph Cornell et les surréalistes à New-York : Dalí, Duchamp, Ernst, Man Ray.

Impressionnante exposition au Musée des Beaux-Arts de Lyon : Joseph Cornell et les surréalistes à New-York…

L’exposition présente une partie des oeuvres de l’artiste américain Joseph Cornell et du courant surréaliste.
Cette période entre deux guerres laisse deviner une imagination bouillonnante, une production insatiable où les supports paraissent infinis : collage, objet, boîte, photographie, cinéma (films collages), écriture… La peinture est également présente avec Giorgio de Chirico, René Magritte, Pierre Roy et Yves Tanguy.

Tout semble se jouer au sein de la galerie de Julien Levy à New-York dans les années 30-40 : Joseph Cornell rencontre le galeriste puis les artistes qui y exposent leur travail : Max Ernst, Man Ray, Salvador Dalí, Marcel Duchamp (exilé en temps de guerre), … De ces nombreuses rencontres nait un véritable dialogue, une correspondance dans les projets respectifs qui est très bien mise en valeur dans l’exposition. Ainsi, le parcours artistique de Joseph Cornell laisse apparaître une admiration des collages de Max Ernst, une collaboration avec Marcel Duchamp ou encore une véritable résonance entre ses boîtes-objet et les ready-made de Man Ray. On imagine les ciseaux passer d’une main à une autre, les objets d’une toile à une boîte.

Un coup de coeur pour la 2ème salle d’exposition qui présente une quantité impressionnante de collages d’une grande minutie. Joseph Cornell, Max Ernst, André Breton, Paul Éluard, Max Bucaille, Valentine Penrose… Des collages qui se regardent de très près, où l’on apprécie l’image dans son intégralité mais aussi où l’on cherche les différents composants. Photoshop en deviendrait vulgaire…

Musée des Beaux-Arts de Lyon
Du 18 octobre 2013 au 10 février 2014

Parade – Jacques Tati

Parmi les nombreux films projetés par l’Institut Lumière dans le cadre du Festival Lumière 2013, Parade, le dernier long métrage de Jacques Tati.

1973. Un public, un cirque, Jacques Tati en Monsieur Loyal, des acrobates, des clowns… Les spectateurs s’installent dans les gradins, certains sièges sont déjà occupés par des silhouettes en cartons, les peintres mettent en place les décors pas tout à fait finis… et c’est parti ; les numéros défilent les uns à la suite des autres sur la piste : numéros comiques, musicaux, de jonglage, magie, dressage, …

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Le public
Le public qui assiste à la représentation est largement constitué d’adolescents aux vêtement colorés (dignes de costumes scéniques ?) mais aussi de familles avec enfants.
La caméra passe de la scène au public filmant à la fois les acrobates, et les réactions du spectateur, s’attardant en plans larges comme en plans très resserrés sur des visages.
Les personnes assises dans les gradins seraient un véritable public (et non des acteurs) et pourtant elles sont invitées à participer aux numéros, s’approprient la piste et deviennent le temps du tournage acteurs. De leur côté, les personnages/peintres s’incrustent dans les numéros en jonglant avec leurs pinceaux.
Monsieur Loyal l’avait annoncé : ce spectacle sera fait avec l’aide de tout le monde.

Et nous, au cinéma, on regarde un public qui regarde des acrobates.
A la fin de Parade, le public du cirque descend les gradins et sort du chapiteau. En tant que spectateur nous savons que d’ici peu nous allons les imiter, sortir du cinéma et se retrouver dehors.
Contrairement à Jour de Fête ou aux Vacances de Monsieur Hulot qui finissent en véritable feu d’artifice, comme un aboutissement de toutes les actions précédentes, la fin de Parade a un rythme similaire à celui de Playtime. L’action est très condensée au centre du film pour se réduire à la fin. Les personnages principaux se retirent, rentrent chez eux. La fin « ramène chaque spectateur à sa solitude avant de le rendre au monde qu’il habite »*. Lorsque l’on sait qu’il s’agit de son dernier film, c’est d’autant plus étrange.

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L’amour du Music Hall
Jacques Tati commence sa carrière en tant que mime dans des spectacles de music hall. Parmi ses imitations, il incarne un joueur de tennis, un goal, un pêcheur…
On retrouve le goût pour le mime et l’esprit de ces personnages plus tard dans ses films, que ce soit dans Jour de Fête avec François le facteur qui gesticule ou dans les Vacances de Monsieur Hulot avec une partie de tennis très rythmée. Dans le cinéma de Jacques Tati, la gestuelle l’emporte sur la parole, le mime est partout.
Parade présente un enchainement de numéros de cirque et de music hall. Monsieur Loyal alias Jacques Tati annonce, met en scène, coordonne les numéros. Il se prête lui même au mime en reprenant son imitation du joueur de tennis et d’autres sportifs.
Filmé en vidéo comme un reportage, avec la spontanéité qu’offre le mélange acteurs/spectateurs, Parade est une nouvelle forme de spectacle cinématographique.
Loin du film L’Illusionniste** qui présente la fin irrémédiable du music hall, Jacques Tati, optimiste, fait revivre ce genre, lui redonne de l’actualité.


Le retour de la voix, la fin de Monsieur Hulot

Avez-vous déjà compris ce que disait François le facteur ? Entendu Monsieur Hulot prononcer plus de 10 mots à la suite ?
Les personnages de Jacques Tati sont peu enclins au dialogue. Ils sont bavards mais ils s’expriment par la gestuelle. Les gags sont visuels. Presque muet, Monsieur Hulot est volubile dans son comportement ; loin d’être invisible, son corps est présent et il parle pour lui.
Dans Parade, Jacques Tati est bien là et il ne se cache plus sous une moustache ou encore un pardessus (+ chapeau + pipe). En Monsieur Loyal, il fait entendre sa voix pour présenter sa troupe et les numéros qui vont suivre.

Dans ce spectacle, il n’y a plus de héros unique, de personnage principal, Jacques Tati/Monsieur Loyal dirige ses artistes, tel un maître d’orchestre. Est-ce une volonté de reprendre le contrôle ?
Monsieur Hulot l’a rendu célèbre. Mais lorsqu’il est caché, perdu dans les labyrinthes de la ville, le public boude Playtime. Il revient alors dans le rôle principal avec Trafic.
Ironie du sort, Jacques Tati disparaît en 1982, laissant inachevé son dernier script Confusion, qui prévoyait la mort de son personnage emblématique, Monsieur Hulot…

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* Michel Chion dans les Collections « Auteurs »  Jacques Tati – Cahiers du Cinéma.
** L’Illusionniste – 2010 – Film d’animation de Sylvain Chomet (à qui l’on doit le génialissime Triplettes de Belleville)
Très très beau film dont le scénario est tiré d’un script inédit de Jacques Tati lui-même (!!) écrit entre 1955 et 1959 (et donc avant Parade qui sort en 1973) ; met en scène un vieil illusionniste (sous les traits de Jacques Tati) à la fin des années 50 lorsque le monde du music hall arrive à sa fin, poussé par la sortie par le rock ‘n’ roll.

Parade
de et avec Jacques Tati
Sortie 1974