À la recherche de Vivian Maier – John Maloof & Charlie Siskel

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Un carton plein de pellicules pas encore développées, une photographe « déguisée » en nounou qui se balade dans les rues de Chicago sans lâcher son appareil photo (quitte à semer ses bambins)…

Le film documentaire de John Maloof et Charlie Siskel présente, sous la forme d’une enquête, Vivian Maier, mystérieuse photographe inconnue jusqu’à sa mort et célébrée aujourd’hui comme l’une des plus grandes Street Photographers du XXème siècle.

La petite histoire…
John Maloof achète lors d’une vente aux enchères, un peu par hasard, un carton plein de négatifs. Intrigué par la beauté des photos développées et certainement stimulé par le caractère insaisissable de Vivian Maier (qui attache une grande importance à son anonymat, solitaire, changeant de nom, dissimulant son travail artistique…), il mène un véritable travail d’investigation. Il recueille des témoignages, continue à collecter les biens de la photographe et à les diffuser pour mettre en lumière son oeuvre aux yeux des galeristes, collectionneurs, musées… et du grand public.

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Intrusion ?
En découvrant le personnage de Vivian Maier, on ne peut s’empêcher de questionner la démarche de John Maloof. : peut-on exhiber ainsi la vie privée et exposer le travail d’une artiste qui a tant oeuvré à conserver son intimité et à cacher ses créations aux yeux de tous ?

D’un autre côté, on ne peut que se réjouir de découvrir ses images si saisissantes.
Les photographies de Vivian Maier, prises à la sauvette (grâce à son ingénieux Rolleiflex) ou résultat de véritables rencontres, montrent à voir des portraits troublants, femmes aisées à la dernière mode, enfants en larmes, sans abris et marginaux… autant de passants photographiés au grè de ses promenades dans les rues d’une Amérique des années 50 et 60.

Les autoportraits de Vivian Maier (mis en scène à l’aide de miroirs ou de vitrines de magasins) témoignent du même souci de cadrage et de composition.
Un regard hors du commun.

Après New-York, Londres… l’oeuvre reconstruite de Vivian Maier a été exposée pour la première fois en France au Château de Tours avec la collaboration du Jeu de Paume jusqu’en juin 2014. En espérant que la sortie de ce documentaire génère de nouvelles expositions !

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Linogravure #2

Après Magnifique, voici un deuxième projet en lino !
Pour cette version en 2 couleurs, chaque teinte a sa propre plaque de lino et le tirage demande une attention toute particulière pour le calage au niveau des lettres typo.

L’impression sur du papier recyclé gris donne l’envie de poursuivre cette technique avec des teintes très claires pour donner des touches lumineuses.

À suivre …

Godzilla

La sortie du dernier remake de Godzilla me donne envie de partager une de mes productions.

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Ce photomontage a été réalisé pour le 1er numéro de Freakshow Comix, fanzine collectif édité par l’Atelier Turut.
J’ai eu le plaisir de participer également au 2ème numéro, actuellement en cours d’impression. À découvrir très vite…

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En savoir +
Ah ! Te voilà enfin – Production Biscotte
Atelier Turut
Participez à la production de Freakshow Comix #2

Nos grands-mères, ces typographes…

Certaines familles ont des armoiries, d’autres des trousseaux…
Brodées patiemment sur des serviettes, torchons ou serviettes de bain, les initiales se combinent, s’assemblent dans un dessin qui peut vite devenir complexe.

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J P
On peut retourner la pièce, les initiales se lisent dans les 2 sens.
New Man avant l’heure ?

C G

J P C
Trois initiales dissimulées dans un unique caractère

 

 

Inconsciemment, nos grands-mères avaient une certaine notion du logo.

Pour vous, Mesdames !

Pour vous, Mesdames ! La mode en temps de guerre
Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation – Lyon
jusqu’au 13 avril 2014

Pour vous, Mesdames !

Dès la fin de l’année 1940, les articles à usage vestimentaire sont réquisitionnés par les Allemands et deviennent soumis au régime des bons d’achat. Ces restrictions et pénuries donnent lieu à des prodiges d’inventivité.

Face au manque de coton, de laine et de cuir, de nouveaux matériaux font leur apparition : semelle en bois, robe en polyester, sac en ficelle… Tout se récupère, tout se transforme.

Ce qui frappe le plus dans cette exposition, c’est l’élégance des françaises malgré les difficultés de la vie quotidienne en pleine guerre. Face à l’humiliation dans l’Occupation allemande, le soin que ces femmes consacrent à leur tenue permet d’afficher leur dignité et leur résistance face aux évènements.

Un sujet bien moins léger qu’il n’y parait.

 

Pour vous, Mesdames ! La mode en temps de guerre
Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation – Lyon
jusqu’au 13 avril 2014

 

Her – Spike Jonze

Theodore, solitaire, un brin dépressif, tente de combler un vide existentiel en conversant avec Sam, un être virtuel créé par un système d’exploitation.

Her

Une affiche qui définit bien le dernier film de Spike Jonze : Joaquin Phoenix seul, Her présence incorporelle, la couleur vive.

Brillantissime Joaquin Phoenix à moustache qui prête ses traits à Theodore et porte ainsi à lui tout seul ce film au synopsis osé.
Après un retour en force au cinéma avec The Master (de Paul Thomas Anderson en 2012), il continue sur sa lancée en interprétant le personnage principal (presque unique) de Her. Donnant la réplique à un personnage virtuel via son oreillette, il fait vivre le film.

Her

Incarné par la voix de Scarlett Johansson, Her, être virtuel reste invisible et n’apparaît que sous la forme d’une écriture « Call from Samantha » sur un smart phone. Pas de photo. Cette voix permet le dialogue, guide les actions de Theodore (prononcez Ssiodor dans un souffle sensuel), fait naître une nouvelle forme de relation. Un duo d’acteurs, une histoire d’amour, dont seul Joaquin Phoenix est présent à l’écran.

her

Spike Jonze réussit à donner à son film une palette de  couleurs vives.
Le fond rose framboise de l’affiche, les chemises jaune ou orange de Theodore, les cloisons de son bureau en verre teinté… Ces touches colorées composent un environnement urbain apaisant (décor principal du film). La ville du futur est silencieuse, éclairée d’une lumière naturelle, dans des tons très clairs, presque surexposés (blanc ou gris très léger), elle ne créé pas des espaces de rencontres mais plutôt un beau fond dans lequel évoluent les personnages, chacun dans un univers personnel. Un peu comme un fond d’écran mac…

Malgré son aspect superficiel, Her est un film plus complexe qu’il n’y paraît. Il dépeint un futur très probable où le numérique et l’hyper-connectivité génèrent une nouvelle forme de solitude.

Her
de Spike Jonze
Avec Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams
Sortie mars 2014

Les photo-reporters de l’Équipe

Dans le cadre de Sport, Littérature et Cinéma organisé par l’Institut Lumière, deux expositions présentent les photos issues des collections du journal l’Équipe.

Les photo-reporters de l’Équipe
40 photographies noir et blanc de 1910 à 1980

Les tenues, les installations rudimentaires donnent une image moins professionnelle au sport, plus naturelle avec une réelle proximité entres les sportifs, le public, les vedettes et les média.

Les photo-reporters de l’Équipe
Galerie photo de l’Institut Lumière
3, rue de l’Arbre Sec – Lyon 1
jusqu’au 19 avril 2014

Également au Hangar du Premier-Film, une sélection de photographies couleurs.

Tony Garnier

Tony Garnier et l’Exposition Internationale Urbaine
Musée des Beaux-Arts – Lyon
jusqu’au 18 mars 2014

À l’occasion de l’exposition Lyon, Centre du monde ! (consacrée au centenaire de l’Exposition Internationale Urbaine de Lyon de 1914), le Musée des Beaux-Arts présente quelques œuvres de l’architecte Tony Garnier.

Marché aux bestiaux et abattoirs de Lyon – 21 septembre 1917
Aujourd’hui renommée la Halle Tony Garnier, cette première commande encore inachevée en 1914, accueillait l’Exposition Internationale.

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Une cité industrielle – 3 juillet 1917
La précision du dessin, les détails nous plongeraient presque dans un univers bande-dessinée futuriste.

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Tony Garnier

Projet d’aménagement du confluent Saône-Rhône – 26 mars 1924
Si l’on reconnait aisément la Halle Tony Garnier, le pont ferroviaire et l’emplacement du futur Musée des Confluences (déjà imaginé par Tony Garnier ?), il faut malheureusement, pour rendre ce plan actuel, ajouter une énorme autoroute et un auto-pont… Ah le temps béni des rues pavées et du crottin !

Only Lovers Left Alive – Jim Jarmush

Only Lovers Left Alive

Only Lovers Left Alive

Deux vampires tentent de continuer à vivre, à s’aimer dans un monde en constante évolution.

Only Lovers Left Alive s’ouvre sur de magnifiques mouvements de caméra giratoires. Un ciel étoilé puis, vue de dessus, un vinyle qui tourne sur sa platine, Eve (ô combien vampiresque Tilda Swinton) étendue au pied de son lit, Adam (Tom Hiddleston) avachi sur son divan, endormi.
Tout le film est là, la nuit, les deux personnages, le ralenti.

Only Lovers Left Alive

Plus tard, on retrouve des plans avec une vue de dessus lorsque Adam et Eve dansent langoureusement dans leur salon ou lorsqu’ils sont allongés dans leur lit. La caméra reste alors fixe, ce sont les personnages qui tournent ou encore leurs corps entrelacés qui figurent le cercle.
Ces plans circulaires donnent aux images une notion d’infini accentuée par la musique lancinante.

Only Lovers Left Alive

La musique tient un rôle important au sein du film de Jim Jarmush.

Dans sa maison délabrée, Adam compose, interprète à l’aide de multiples instruments (une vraie collection d’antiquités) des airs envoutants, des rythmes planants qui créent la tonalité du film, guident les pas de Eve dans les rues de Tanger, subliment les moments d’extase des vampires quand ils prennent leur dose de « O négatif ».

Only Lovers Left Alive

Only Lovers Left Alive

Si de grands classiques accompagnent les vampires dans leur représentation (soif de sang, teint cadavérique, vie exclusivement nocturne…), Adam et Eve sont avant tout deux amoureux érudits qui ont mis à profit leur longue existence pour se constituer une culture littéraire et musicale de pointe, côtoyer les grands génies des siècles passés. Ils ont tout vu, tout lu, tout retenu.

Only Lovers Left Alive

Ce grand savoir semblent les isoler, ils vivent cachés et assistent impuissants à l’effondrement du monde dans lequel ils cohabitent.
Détroit, avec ses maisons vides, ses monuments ou usines abandonnés est la ville idéale pour illustrer cette solitude, cette fin du monde.

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Only Lovers Left Alive
de Jim Jarmush
Avec Tilda Swinton, Tom Hiddleston, John Hurt, Mia Wasikowska…
Sortie février 2014